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Les émotions chez les enfants : pourquoi il faut les écouter

Photo du rédacteur: Anne-lise Andrieu
Anne-lise Andrieu
1 mai 2025
7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 13 minutes

Illustration d'une mère assise à côté de son enfant triste, dans un salon chaleureux, l'accompagnant avec calme et bienveillance pour accueillir ses émotions.
Écouter les émotions de son enfant, c'est lui offrir une présence rassurante, même lorsque les mots ne viennent pas.

Votre enfant se met soudainement à crier, à pleurer ou à s'isoler, et vous ne comprenez pas ce qui se passe ?


Vous vous demandez peut-être : « Est-ce un caprice ? Est-ce qu'il me provoque ? Pourquoi réagit-il aussi fortement ? »


Derrière ces comportements, il peut y avoir de la colère, de la peur, de la tristesse, de la frustration ou simplement une fatigue devenue difficile à supporter.


Un comportement ne nous dit pas toujours exactement ce que ressent un enfant. Mais il peut nous inviter à regarder au-delà de ce que nous voyons.


Écouter les émotions de son enfant, ce n'est pas tout accepter ni renoncer aux limites. C'est chercher à comprendre ce qu'il traverse pour l'aider progressivement à reconnaître, exprimer et réguler ce qu'il ressent.


Alors, comment accueillir une émotion sans céder à tous les comportements ? Et quels mots utiliser quand la situation devient difficile ?


Les enfants ressentent des émotions intenses, tout comme les adultes. Mais selon leur âge et leur développement, ils n'ont pas toujours les mots ou les capacités nécessaires pour expliquer ce qui se passe en eux.


La colère peut alors se traduire par des cris, la tristesse par un retrait, et la frustration par des pleurs ou une opposition.


Prenons un exemple :


Votre enfant de 6 ans explose parce que vous lui demandez d'arrêter de jouer.

Vous pourriez penser : « Il fait encore un caprice ! »


Mais derrière sa réaction, il peut y avoir une frustration intense : il était absorbé dans son jeu et n'était pas prêt à s'arrêter.


Plutôt que de chercher immédiatement à le raisonner, vous pouvez essayer :


« Tu avais vraiment envie de continuer à jouer. C'est difficile de s'arrêter quand on s'amuse. Je comprends que tu sois en colère. Et maintenant, c'est l'heure de passer à table. »


Vous reconnaissez ce qu'il ressent, sans renoncer à la limite.


Attention toutefois : un comportement n'est pas toujours le reflet d'une seule émotion. La fatigue, la faim, les difficultés de compréhension ou une surcharge sensorielle peuvent également jouer un rôle.


Écouter une émotion, ce n'est pas tout accepter. C'est chercher à comprendre ce que vit l'enfant tout en lui offrant un cadre sécurisant.



🧠 Ce qui se passe dans le cerveau d’un enfant


Le cerveau de l'enfant est en plein développement. Les capacités qui permettent de gérer les impulsions, de prendre du recul et de retrouver son calme se construisent progressivement, tout au long de l'enfance et de l'adolescence.


Lorsqu'une émotion devient très intense, il peut être difficile pour l'enfant de réfléchir, d'écouter une explication ou de trouver une solution, même s'il connaît habituellement les règles.


C'est là que l'adulte joue un rôle essentiel : celui de co-régulateur.


La co-régulation, c'est aider l'enfant à traverser une émotion difficile grâce à une présence rassurante, une attitude prévisible et un accompagnement adapté à ses besoins.


Concrètement, cela peut signifier :

  • Rester présent et parler calmement, lorsque c'est possible.

  • Mettre des mots simples sur ce que l'enfant semble ressentir, sans imposer notre interprétation.

  • Lui laisser un peu d'espace s'il ne souhaite pas parler ou être touché.

  • Attendre que l'intensité émotionnelle diminue avant de chercher ensemble une solution.


Par exemple :


Votre enfant crie : « Je te déteste ! »


Plutôt que de commencer immédiatement une discussion sur le respect, vous pouvez dire :


« Je vois que tu es très en colère. Je suis là. On en reparlera quand ce sera plus facile pour toi. Et je ne te laisserai pas me frapper. »


Vous reconnaissez son émotion tout en maintenant une limite claire.


Avec le temps, ces expériences répétées peuvent aider l'enfant à développer ses propres capacités de régulation émotionnelle.


Il n'a pas besoin d'un adulte toujours parfaitement calme. Il a besoin d'un adulte qui essaie de l'accompagner et qui sait aussi réparer lorsque la situation déborde.



💛 Pourquoi écouter une émotion change tout


Lorsqu'un enfant traverse une émotion intense, il n'attend pas nécessairement de nous une solution immédiate. Il a parfois surtout besoin de sentir que ce qu'il vit peut être entendu, sans jugement.


Écouter une émotion peut aider l'enfant à :

  • Se sentir reconnu : découvrir que ses émotions ont leur place, même lorsqu'elles sont difficiles à vivre.

  • Développer son vocabulaire émotionnel : apprendre progressivement à distinguer la colère, la déception, la peur ou la tristesse.

  • Construire un sentiment de sécurité relationnelle : savoir qu'il peut se tourner vers un adulte lorsqu'il traverse un moment difficile.

  • Développer ses capacités de régulation : découvrir, avec l'aide de l'adulte, différentes façons de traverser une émotion sans se mettre en danger ni blesser les autres.


Mais attention : écouter une émotion ne signifie pas qu'elle disparaîtra immédiatement.


Un enfant peut continuer à pleurer après avoir été compris. Il peut rester en colère même lorsque nous lui parlons doucement. Et cela ne signifie pas que notre accompagnement est inutile.


L'objectif n'est pas de faire disparaître la colère, la peur ou la tristesse à tout prix. C'est d'aider l'enfant à découvrir qu'il peut ressentir ces émotions, les traverser et apprendre progressivement à y répondre autrement.


Une émotion n'est pas un problème à supprimer. C'est une expérience à comprendre et à accompagner.



🎯 Et concrètement, on fait comment ?


Accueillir les émotions de son enfant ne nécessite pas de longs discours. Quelques mots, une attitude attentive et des limites claires peuvent déjà faire une différence.


Voici quatre repères à adapter à son âge et à la situation.


1. Observer avant d'interpréter


Lorsqu'un enfant pleure, crie ou s'oppose, essayez d'abord de décrire ce que vous observez, plutôt que de supposer ce qu'il cherche à obtenir.


💬 À essayer :

« Je vois que quelque chose est difficile pour toi en ce moment. »


Cette formulation laisse à l'enfant la possibilité de préciser ce qu'il ressent, sans lui imposer une émotion.


2. Accueillir l'émotion sans accepter tous les comportements


Toutes les émotions ont leur place. Mais certains comportements nécessitent une limite pour protéger l'enfant et son entourage.


💬 À essayer :

« Tu as le droit d'être en colère. En revanche, je ne te laisserai pas taper. »


La limite reste claire, même si l'enfant continue à protester.



Illustration en deux scènes d'une mère accompagnant son enfant en colère : elle accueille son émotion puis pose une limite claire en disant « Tu as le droit d'être en colère. Je ne te laisserai pas taper. »
Accueillir une émotion ne signifie pas accepter tous les comportements. Il est possible de reconnaître la colère de son enfant tout en maintenant une limite claire et sécurisante.


3. Proposer une présence, sans forcer la discussion


Certains enfants ont besoin de parler. D'autres préfèrent dessiner, bouger, rester silencieux ou prendre un peu de distance.


💬 À essayer :

« Tu préfères que je reste près de toi ou que je te laisse un petit moment ? »


L'important est de respecter autant que possible son besoin du moment, tout en assurant sa sécurité.


4. Revenir sur la situation une fois le calme retrouvé


Après une crise, il est souvent plus facile de comprendre ce qui s'est passé et de chercher ensemble une autre façon de réagir.


💬 À essayer :

« Tout à l'heure, c'était difficile pour nous deux. Qu'est-ce qui pourrait nous aider la prochaine fois ? »


Et si vous avez vous-même crié, vous pouvez aussi réparer :

« Je me suis énervé et j'ai crié. Je suis désolé d'avoir crié. La règle reste la même, mais je vais essayer de te la rappeler autrement. »


L'essentiel à retenir : accueillir, poser une limite si nécessaire, puis revenir au lien.

Il ne s'agit pas d'être un parent parfait, mais de construire progressivement, avec son enfant, d'autres manières de traverser les moments difficiles.



🧩 Le bon outil au bon moment


Certains enfants aiment raconter ce qu'ils ressentent. D'autres préfèrent dessiner, colorier, manipuler ou choisir des images.


Il n'existe pas une seule bonne façon d'exprimer ses émotions. L'essentiel est de proposer un support adapté à l'âge, aux envies et aux besoins de l'enfant, sans le forcer à parler.


Pour accompagner ces découvertes à la maison, j'ai conçu deux ressources complémentaires.


🌈 Le Kit Émotions Enfants — 17 €

Un ensemble de supports ludiques et éducatifs à imprimer pour aider les enfants de 3 à 10 ans à découvrir, identifier et exprimer leurs émotions.


Ce PDF de 31 pages propose différentes activités à explorer avec l'enfant, selon ses besoins et à son rythme.




🌳 Crée ton arbre des émotions — 7 €

Une activité créative de 16 pages à imprimer pour construire un grand arbre et le personnaliser avec des feuilles, des fruits, des dessins et des mots.


L'enfant peut ainsi représenter ce qu'il ressent à sa manière et faire évoluer son arbre au fil du temps.



Bon à savoir : l'activité « Crée ton arbre des émotions » est également incluse en bonus dans le Kit Émotions Enfants. Il n'est donc pas nécessaire d'acheter les deux ressources.

Ces outils ne remplacent pas les échanges avec votre enfant : ils offrent simplement une autre façon d'ouvrir le dialogue, dans un cadre ludique et bienveillant.



💬 Conclusion

Écouter les émotions de son enfant : un apprentissage qui se construit ensemble

Accueillir les émotions de son enfant ne signifie pas tout accepter, trouver immédiatement une solution ou réussir à éviter chaque crise.


C'est lui montrer, progressivement, qu'il peut ressentir de la colère, de la peur, de la tristesse ou de la frustration tout en étant accompagné avec respect et bienveillance.

Et certains jours, ce sera plus difficile que d'autres. Pour lui comme pour vous.


🌿 Une petite expérience à essayer dès aujourd'hui


La prochaine fois que votre enfant traverse une émotion intense, essayez simplement de remplacer une question comme « Pourquoi tu réagis comme ça ? » par :


« Je vois que c'est difficile pour toi. Tu veux me montrer ou me raconter ce qui se passe ? »


Il n'aura peut-être pas envie de répondre. Ce n'est pas grave. Vous lui aurez ouvert une possibilité de dialogue, sans lui imposer de parler.


Et lorsque les émotions surgissent autour des écrans ?


Arrêter un jeu vidéo, quitter une vidéo ou éteindre une tablette peut provoquer une frustration importante. Là aussi, il est possible de reconnaître ce que ressent l'enfant tout en maintenant une limite adaptée.


Pour mieux comprendre ces situations et découvrir des pistes concrètes pour accompagner votre enfant, retrouvez mon dossier : « Colère à l'arrêt des écrans : comprendre et accompagner son enfant ».


Rappelez-vous : votre enfant n'a pas besoin d'un parent parfait. Il a besoin d'un adulte qui apprend, lui aussi, à traverser les émotions et à réparer quand c'est nécessaire.




Anne-Lise Andrieu
Psychopraticienne spécialisée enfants et adolescents
Grandir en Pleine Conscience®

Anne-Lise Andrieu

Psychopraticienne spécialisée enfants et adolescents

Grandir en Pleine Conscience®




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